Nos amis Kentaro et Tomoko nous font le plaisir de nous raconter leurs fêtes de fin d’année. Originaires d’Osaka, ils vivent aujourd’hui à Kyoto avec leurs deux enfants, Kazuki et Yuki.

Tomoko nous raconte :

“Au Japon, Noël a été adopté comme un évènement gai et festif venu d’Occident. On trouve des décorations hivernales et des illuminations dans la plupart des lieux publiques comme les stations de train ou les centres commerciaux et nos enfants participent à des fêtes organisées par leur école.

Dans notre famille, nous passons le jour de Noël à la maison, et nous achetons parfois des gâteaux vendus comme des « gâteaux de Noël ». Nos enfants attendent impatiemment la visite du Père Noël, comme la plupart des enfants autour du monde.

Si Noël n’est pas vraiment une tradition japonaise, le jour de l’An, shogatsu, si en est une de grande ampleur. On la célèbre de la même façon depuis des siècles.

Historiquement, c’est une fête de rite shintoïste, motivée par le désir de se purifier pour accueillir la Divinité qui préside cette fête et de repartir sur de nouvelles bases à l’occasion de la nouvelle année. Autrefois, le nombre de rites et de cérémonies étaient si nombreux, qu’ils commençaient aux alentours du 13 décembre et se terminaient le 15 janvier.

De nos jours, les impératifs de la vie moderne ont rendu impossible la célébration de ces fêtes durant un mois, mais certaines traditions perdurent : le grand nettoyage, les décorations traditionnelles qui expriment l’espoir de passer l’hiver sans tomber malade et servent d’abri à la Divinité de l’Année qui s’y installent durant les fêtes, les cadeaux de fin d’année et les cartes de vœux, le buffet froid et les mochi, et la première visite de l’année dans un sanctuaire shintoïste.

Tout commence début décembre, avec les cadeaux de fin d’année, o seibo, qui s’envoient aux clients, aux supérieurs, aux professeurs, etc. et avec les cartes de vœux pour la nouvelle année que nous envoyons à nos parents, collègues et tous nos proches. Nous incluons généralement une photo de notre famille prise dans l’année. Écrire 100 cartes de vœux chaque année nous permet de remémorer nos expériences personnelles et familiales“. D’après le livre d´Éric Faure, les fêtes traditionnelles à Kyoto, ces cartes de vœux sont conservées dans les bureaux de poste de tout le pays et sont distribuées le matin du Premier de l’An.

“Puis un ou deux jours avant le Jour de l’An, la tradition veut que nous nettoyons la maison de fond en comble afin d’accueillir la nouvelle année (les divinités shintoïstes aiment les endroits propres et immaculés). Nous accrochons des décorations très élaborées faites de paille à la porte d’entrée (voir illustrations) pour nous attirer la chance et la santé, et nous préparons un plat traditionnel appelé osechi (voir illustration).”

Ce plat consiste en fait en une multitude de différents mets présentés ensemble dans une grande boîte de laque rouge à plusieurs étages. La préparation des mets varie en fonction des familles et des régions du Japon, et tous les ingrédients sont choisis en fonction de ce qu’ils symbolisent. Par exemple (et selon le livre d’Éric Faure cité plus haut), les œufs de hareng salés représentent la fertilité et un grand nombre de descendants, les crevettes légèrement recourbées évoquent le dos courbé des personnes âgées et symbolisent la longévité, les pois noirs sont synonymes de bonne santé, les pousses de bambou représentent la foi en Bouddha et l’énergie car ses racines s’accrochent profondément dans le sol. De plus, tous les ingrédients sont coupés de façon à ressembler à des feuilles de prunier, des pétales de chrysanthème ou encore des pommes de pin, autant de symboles de longévité.

 “À vrai dire, nombreuses sont aujourd’hui les familles qui choisissent d’acheter leur osechi chez un traiteur plutôt que de le confectionner elles-mêmes. Personnellement, et à mon grand regret, depuis que je suis mariée et parce que nous célébrons le Jour de l’An chez mes beaux-parents, je ne cuisine plus ce jour-là. Mais j’adore préparé le osechi et je souhaite transmettre cette tradition à mes enfants.

Il fait généralement froid durant les vacances de Noël au Japon, parfois nous avons de la neige, ce qui ne fait que renforcer le symbole de fraicheur de la nouvelle année quand nous l’accueillons.

Le soir du Jour de l’An, nous mangeons des nouilles de sarrasin appelées toshikoshi-soba, symbole de longévité, en écoutant le tintement des 108 coups de cloche des temples bouddhistes avoisinants.” La fête de la cloche de la rémission des péchés est la dernière fête de l’année et sert à chasser les démons. La cérémonie la plus célèbre a lieu au temple Chion-in qui possède la plus grosse cloche du pays : il faut 17 prêtres pour manœuvrer l’énorme butoir de cette cloche de 74 tonnes !

Un autre anecdote amusante, d’après le livre d’Éric Faure: la dernière nuit de l’année les japonais prennent des précautions afin de ne pas faire de cauchemars car ils disent que les premiers rêves préfigureraient de la tendance générale pour l’année à venir. Avant de dormir, ils déposent sous leur oreiller une image du bateau des sept Dieux du bonheur dont la voile est ornée du caractère chinois signifiant Baku, animal mythologique se nourrissant des mauvais rêves.

Le matin du Premier de l’An, la tradition n’est pas de dire « bonjour » mais « bonne année ! ». Nous nous délectons tous ensemble du osechi, en lisant les cartes de vœux que nous avons reçues de nos amis. Un matin très relax à la maison !

Enfin, durant la journée de ce Premier de l’an, nous nous rendons au temple shinto afin de prier pour une bonne santé, prospérité et bonheur. J’aimerais pouvoir visiter le temple en kimono, mais comme ça me prends plus d’une heure pour m’habiller seule (et encore, parce que je m’y connais un peu !), je ne le fais plus trop par manque de temps avec les enfants petits. Encore une fois, c’est une tradition précieuse à mes yeux et j’espère qu’elle se perpétue. Quand les enfants auront grandi un peu, je recommencerai à porter le kimono, au moins pour oshogatsu !”

 

Merci Tomoko et Kentaro de partager avec nous vos traditions du Nouvel An !

 

Nous en profitions pour vous souhaiter à toutes et à tous une belle année 2019. Que l’éveil des consciences arrive en masse cette année et que le monde entier œuvre pour une société éthique, respectueuse des hommes et de l’environnement, où l’amour et la liberté deviennent les maîtres mots.

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